10.06.2026
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Il n'est pas normal de faire peser toute la responsabilité de l'inaction climatique sur les individus. Le problème est également systémique. Comment abandonner sa voiture alors qu'on travaille à 60km, qu'il n'y a pas de transports publics et que les loyers sont trop chers en ville? Cependant, on ne peut pas dire non plus que l'impact des individus est nul. En se focalisant sur les gestes avec l'impact le plus fort (notamment ce qui touche à la voiture, l'avion, le chauffage et la viande), une réduction significative des émissions de CO2 est atteignable. De plus, ces actions envoient des signaux aux mondes politiques et économiques, ce qui peut par effet domino générer un impact positif encore plus important.
Quand on fait attention à ne pas trop utiliser sa voiture, et qu'on voit ensuite que des stars américaines sont allées faire un petit voyage de quelques minutes dans l'Espace générant ainsi en CO2 l'équivalent de 8 ans d'utilisation moyenne d'une voiture, ça peut questionner...[8]
Quand on fait attention à ne pas laisser couler l'eau pendant qu'on se lave les dents et qu'on voit ensuite toute l'eau utilisée pour arroser les terrains de golf par temps de canicule, ça peut questionner...
Quand on change ses ampoules pour des LEDs pour économiser l'électricité et qu'on voit que de gourmands data centers se multiplier pour produire de fausses vidéos de chats ou des fake-news qui déstabilisent nos démocraties, ça peut questionner...
Bref, les exemples comme ceux-ci sont infinis...
Parfois on a vraiment l'impression de se faire prendre pour des cons... Par les politiciens, par les élites, par les puissants, par les riches: choissez votre cible préférée.
Aller, pour le fun, je vous ai fait quelques petites cartes à collectionner des mauvais exemples qu'on aime bien caricaturer. Et vous? Lesquelles avez-vous chez vous?
L'Américain
2t
4t
6t
8t
10t+
L'influenceuse
2t
4t
6t
8t
10t+
Le Sheikh
2t
4t
6t
8t
10t+
Le cadre sup'
2t
4t
6t
8t
10t+
Il y a effectivement du vrai dans le fait qu'on ne peut rien n'y changer. Mais pourquoi?
Parce que le problème est systémique et mondialisé.
Il peut être facile de mettre la faute de l'inaction climatique uniquement sur les individus qui n'en foutent pas une...
Mais cela n'est pas juste.
Voici pourquoi:
Il est clair que la transition écologique n'est pas faisable uniquement par la volonté des individus. C'est le système entier qui doit s'adapter et changer. Ce changement doit être soutenu par toutes les entités: les gens comme vous et moi bien sûr, mais aussi par les gouvernements et l'économie...
Et ce n'est pas tout à fait gagné.
Même s'il est vrai que l'effort ne repose pas sur les individus uniquement, ceux-ci peuvent déjà avoir un impact important. Probablement plus que ce que vous pensez...
Un Français moyen émet environ 10 tonnes de CO2 chaque année[9] (un chiffre bien rond, facile à se rappeler). Cette quantité de carbone est bien trop importante et fait basculer le climat vers une direction intenable à long terme. Pour rester dans les objectifs climatiques internationaux, les émissions moyennes devraient converger vers environ 2 tonnes de CO2 par personne et par an.[1]
Source: [1]
Il faudra donc réduire la pollution liée à nos activités de 80%!
Cela concerne tous les secteurs de la vie quotidienne, comme bien sûr le transport (la voiture, l'avion...), l'alimentation (la viande, les boissons, les produits animaux...), le logement (le chauffage, la construction, l'électricité...), la consommation (les loisirs, l'électronique, les vêtements, les services...) et les impacts liés aux dépenses de l'Etat (l'administration, l'armée, les écoles, les hôpitaux...).
C'est un défi énorme, probablement le plus difficile de l'histoire de l'humanité. Mais avouez que nous vivons une époque intéressante!
Source: [1]
Les données qui suivent proviennent de l'excellent article "Faire sa part" du think tank Carbone4.[1]
Parmi les gestes réalisables par les gens comme vous et moi, on peut distinguer deux catégories:
En considérant que toute la population s'y mette à fond sur ces deux points, la réduction des émissions serait très significative. En effet, on passerait de 10 tonnes à 6 tonnes par personne! La moitié du trajet vers la stabilisation du climat pour les générations futures seraient déjà faits.
Source: [1]
Le trajet restant doit être accompagné par un changement du système, donc par des actions politiques fortes et par un monde économique volontaire sur ces sujets. Notons aussi que la totalité de la population n'est pas en capacité d'effectuer les investissements nécessaires de la catégorie "gestes payants". C'est donc aussi pour permettre ces gestes que des incitatifs doivent être mis en place par le monde politique.
Dans une époque où tout le monde est déjà bien assez stressé par son quotidien et dans laquelle plus personne n'a le temps de faire quoi que ce soit, il est important de prioriser ses gestes. Et tant qu'à faire, éviter de s'épuiser avec des gestes qui n'ont presque pas d'impact.[10]
Mais comment savoir quel geste a le plus d'impact? Pensez-vous vraiment le savoir?
Faisons un petit jeu!
Voici le but du jeu. Essayez de deviner l'impact d'un geste écologique donné. Combien de CO2 peuvent être économisés en fonction des différentes actions écolos proposées?
Question 1/10
« À partir de maintenant, je mange local! »
Combien de CO2 évité?
[kg/an]
<-- geste faible
geste fort -->
Merci d'avoir joué
J'espère que vous avez trouvé cela intéressant.
Votre score
15'456
Score moyen
12'547
Pas facile hein?
Le but de ce jeu était de vous montrer que tous les gestes ne se valent pas. Même si les gestes présentés ici sont tous positifs pour le climat, certains sont jusqu'à 100x plus puissants que d'autres.
Attention: les chiffres présentés dans le petit jeu peuvent différer d'une source à l'autre car les modes de calcul sont différents. Gardez en tête les ordres de grandeur généraux et ne vous focalisez pas sur le chiffre exact.
Pour résumer, les gestes les plus impactants sont ceux qui limitent directement l'utilisation des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz), donc surtout ce qui touche au transport (la voiture, l'avion), au chauffage (gaz ou fioul), mais également la nourriture, en particulier pour la viande.
Si ça vous intéresse, voici plus bas le détail des émissions d'un Français moyen. Comme on l'a vu précédemment, la quantité de CO2 émise annuellement est d'à peu près 10 tonnes. Ces 10 tonnes sont réparties en 5 catégories presques égales, de la plus grande part à la plus petite:
Commençons par détailler la première part du gâteau:
Source: [9]
La part du transport est la catégorie la plus lourde dans le décompte de l'impact écologique d'un Français moyen.
Voici comment celui-ci se découpe:
Source: [9]
Tous les gestes visant à réduire, partager ou arrêter l'utilisation de la voiture ont donc un impact important.
Notons que la part de l'aviation paraît ici faible, mais c'est parce qu'il s'agit d'une moyenne. Si vous décidez de faire un aller-retour à Bali, le vol vous coûtera 5200 kg de CO2! Ce qui représente 6 mois d'émissions d'un coup.
Passons à la part suivante...
Source: [9]
Deuxième secteur le plus important, l'alimentation est surtout impactée par la consommation de produits d'origine animale, avec la viande comme aliment courant le plus polluant. Viennent ensuite l'industrie des boissons (eau en bouteille, soda, etc), puis les autres produits animaux comme le lait et les œufs.
Voici le détail:
Source: [9]
L'adoption d'un régime flexitarien (moins de viande) ou mieux: végétarien, ou encore mieux: végane, aura donc un impact important sur vos émissions annuelles.
Passons à la troisième tranche:
Source: [9]
L'essentiel de l'impact provient de la manière de se chauffer. L'utilisation du fioul (mazout) ou du gaz est la cause principale des émissions liées au logement. Le passage à un système beaucoup moins carboné comme le bois, ou encore mieux, les pompes à chaleur, permet de belles réductions des émissions.
Source: [9]
Le domaine de la construction est également un secteur d'émission important principalement à cause de l'utilisation du béton. En effet, sa production est à la fois très énergivore et génère aussi directement du CO2.
Passons à la quatrième part du gâteau:
Source: [9]
Des émissions de CO2 se cachent derrière chaque objet que vous achetez. En effet, pour résumer très grossièrement, un objet doit d'abord être fabriqué (par exemple par des machines électriques en Chine: donc avec principalement du charbon) et ensuite transporté (par des bateaux et des camions: donc avec du pétrole).
Pour fabriquer, il faut du charbon, pour transporter, il faut du pétrole.
Ceci est une généralisation peut-être un peu simpliste, mais toujours est-il qu'une grande partie de l'industrie mondiale repose encore sur des énergies fossiles, en particulier le charbon dans de nombreuses régions industrielles. Même constat pour le transport, qui dépend encore très largement du pétrole.
Source: [9]
Se satisfaire de moins d'objets permet donc d'améliorer son bilan carbone tout en faisant plaisir à son porte-monnaie.
Avez-vous vraiment besoin d'un robot lave-vitre ou d'un frigo connecté?
Passons à la dernière part:
Source: [9]
On n'y pense peu, mais qui doit prendre la responsabilité des émissions de CO2 d'un hôpital, d'une école ou de l'armée?
Ces émissions doivent bien être attribuées à l'ensemble de la population...
Source: [9]
Il n'est pas normal de mettre la faute de l'inaction climatique sur les individus uniquement. En effet, même les personnes les plus engagées n'ont pas toujours un levier suffisant pour réduire leur impact écologique car elles sont coincées par le système lui-même. Il est donc essentiel que le monde politique et économique prenne conscience du problème et œuvre pour ouvrir une nouvelle voie vers un modèle de société plus durable.
Cependant, l'impact des actions individuelles reste significatif. En focalisant son énergie sur les gestes qui ont le plus d'impact (surtout le transport, le chauffage et l'alimentation), la contribution sur la réduction des émissions est loin d'être anecdotique.[1]
Les changements individuels, en plus de permettre une réduction immédiate d'une partie des émissions, envoient surtout des signaux économiques et politiques, et rendent certains changements collectifs plus acceptables culturellement. Un monde où personne ne fait d'effort n'a pratiquement aucune chance d'évoluer politiquement. Mais un monde où une partie croissante des gens changent leurs habitudes crée une pression sur les entreprises, les infrastructures et les gouvernements.[11]
La société pourra alors être petit à petit entraînée vers un avenir plus radieux.
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